"La relance de cette procédure par Nicolas Sarkozy traduit aujourd'hui une obstination dangereuse dont on comprend bien l'inspiration en période électorale mais
qu'un chef d'Etat dans sa responsabilité ne devrait pas encourager", a déclaré peu de temps après que la loi a été censurée par le Conseil constitutionnel.
Pour le candidat à la présidence de la République, "le Conseil constitutionnel a, comme on pouvait s'y attendre, sagement censuré un texte controversé et dangereux":
"le législateur ne peut pas soumettre à la loi pénale l'expression d'opinions qui font l'objet de débats à l'intérieur de pays étrangers", fait-il valoir.
"L'UMP et le PS, soutenus par Nicolas Sarkozy, ont refusé d'entendre les arguments qui avaient été avancés, notamment par Robert Badinder, et que j'avais moi-même
soutenus à l'Assemblée nationale", a déploré François Bayrou qui avait soutenu la loi sur la reconnaissance du génocide arménen en 2001.
En retoquant mardi 28 février la loi Boyer, qui visait à sanctionner d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende toute personne niant ou minimisant le génocide des Arméniens, le Conseil Constitutionnel a infligé un camouflet aux sénateurs et députés UMP et PS qui l'ont votée. On ne sacrifie pas la liberté d'expression sur l'autel du communautarisme.
Ce projet de loi était soutenu par les deux candidats à l'élection présidentielle, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE. Implicitement la décision du Conseil Constitutionnel est donc un camouflet pour ces deux « prétendants » à la magistrature suprême, à qui il est rappelé les limites du pouvoir des élus. Et où commence l'abus....
Devant telle sanction, nous aurions pu attendre de leur part, en démocrates légalistes et responsables, non pas des excuses ou une quelconque repentance, mais la reconnaissance de la force de la loi et le bon fonctionnement de nos institutions.
Et bien non, les deux ont décidé de passer outre cette décision. Ils ont tout deux promis, qui l'un un nouveau texte avant les élections, qui l'autre après son élection. Jusqu'au boutisme surprenant quand on sait que l'article 62 de la Constitution de 1958 dit que toutes les décisions du Conseil « ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.»
François BAYROU a ainsi eu raison de dénoncer que "La relance de cette procédure par Nicolas Sarkozy traduit aujourd'hui une obstination dont on comprend bien l'inspiration en période électorale mais qu'un chef d'Etat dans sa responsabilité ne devrait pas encourager".
Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE se placeraient donc au-dessus de la Constitution ?
On peut se le demander quand, non content d'avoir été une première fois pris la main dans le sac à aller à l'encontre de la Constitution en soutenant une telle loi, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE récidivent en promettant de nouveaux textes afin de contourner une décision claire du Conseil Constitutionnel.
Telle attitude est inquiétante mais surtout elle pose la question de la légitimité de ces personnes à occuper le poste de Président de la République. En effet, s'ils ne sont pas au fait de la Constitution ou agissent délibérément à son encontre, tant dans la lettre que dans l'esprit, il ne peuvent satisfaire à la première mission du Président de la République telle que définie par son article 5 : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution ».
La France vient de perdre son triple A. Nous y sommes. Et c'est en réalité une
double dégradation. C'est une dégradation de notre note souveraine qui va affecter
la réputation de notre pays, avec des conséquences lourdes. Les emprunts d'État
seront fatalement, à court ou moyen terme, consentis à des taux d'intérêt plus
pénalisants. Les établissements publics (la Cades, RFF, la SNCF) sont indexés sur
la note de l'État ; le Fond de Stabilité Financière lui-même risque d'en pâtir… Dans
l'économie réelle, de telles incertitudes vont affecter les investissements et le crédit
des entreprises.
Et c'est en même temps une dégradation par rapport à notre principal voisin,
l'Allemagne, avec qui jusqu'à maintenant nous mettions largement en scène notre
égalité de statut, et même par rapport aux Pays-Bas, par exemple… Donc notre
statut en Europe va souffrir symboliquement et donc politiquement.
Toutes les déclarations optimistes et péremptoires de ces derniers sont cruellement
démenties par les faits. En dépit des avertissements multiples, notamment sur les
déficits et la dette, ces dernières années, ils nous auront conduits à un
affaiblissement de notre pays, non pas un affaiblissement venu de l'extérieur, mais
un affaiblissement continu dû à la situation intérieure de la France.
La cause n'est évidemment pas seulement les cinq années Sarkozy. Le mal vient de
loin, l'infléchissement, en croissance comme en commerce extérieur, s'est fait sentir
dans les années 2000, et avait sans doute commencé plus tôt encore. C'est dire que
les gouvernements successifs de gauche et de droite portent leur part de
responsabilité.
Maintenant, il est au moins deux certitudes : il faut changer de pratique, remettre les
choses à l'endroit, en particulier remettre la production, le "produire en France" au
cœur de toute la volonté de notre pays. Il faut bannir les promesses absurdes,
insoutenables, qui prétendaient annoncer aux Français qu'il suffirait de changer les
gouvernants pour voir de nouveau la baguette magique des dépenses se remettre à
fonctionner à profusion.
Dans ces difficultés, les Français ont une chance, c'est d'être devant l'échéance qui
leur permettra d'exiger de leurs futurs dirigeants qu'ils suivent enfin le chemin du
redressement de notre pays.
… A mon sens ce texte est déraisonnable et dangereux. Je suis de ceux qui ont voté en conscience la loi de 2001 je suis de ceux qui étais allé au mémorial de Erevan dans des circonstances mémorielles extrêmement importantes et lourdes, et cependant, je veux dire, et à Patrick Devedjian en particulier, que le texte que nous examinons la, ne répond pas aux arguments qu'il a donné à la tribune. Ce qu'il a dit et ce qu'un certain nombre d'autres ont défendu c'est que, oui un génocide avait bien existé dont les arméniens avaient été victimes en 1915, et qu'il n'était pas besoin de commission d'historiens pour le garantir.
Les Français de Turquie ont sans doute apprécié l'intervention réfléchie et responsable de François Bayrou, et son opposition au projet de loi concernant la pénalisation de la négation du génocide arménien, Je suis, comme la plupart des Français de Turquie, attristé par ce vote, marqué par l'incompréhension et le manque de discernement sur le sujet, que ce soit du côté Turc ou du côté Français.
Outre les dégâts collatéraux et colossaux, concernant les relations politiques, économiques, commerciales et culturelles entre nos deux pays, cette loi de circonstance et improductive porte d'abord préjudice aux Arméniens du monde entier pour qui la reconnaissance des massacres de 1915 à leur juste niveau par la Turquie est repoussée à une date encore plus lointaine que ce que l'on pouvait espérer à la lumière des avancées qui s'ouvraient ici, grâce au travail d' intellectuels, de progressistes, de démocrates Turcs qui avaient réussi à ouvrir ce débat dans la société et pour qui tous les efforts sont brutalement anéantis.
Cette loi porte également préjudice aux Turcs eux-mêmes en réactivant leurs velléités nationalistes et en les confortant dans leurs convictions que nous, français, considérons comme négationnistes. Pour simplifier, on pourrait dire que les parlementaires Français ont voté cette loi sur la foi d'informations qu'ils considèrent comme justes, et que les Turcs la contestent sur la foi d'informations qu'ils considèrent comme erronées.
Pour ma part, en ce qui concerne la position des turcs, il me semble que, quoi qu'il se soit passé en 1915, qu'il s'agisse de massacres inter ethniques, de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de génocide et quel que soit le nombre de morts dans les deux camps, le vote des parlementaires français est aussi le résultat de leur, mutisme, de leur inaction, de leur manque d'explications depuis que cette question est à l'ordre du jour en France.
Mais ne perdons pas non plus de vue que l'incompréhension par les Français du choc que ce vote pouvait, et a provoqué en Turquie exige aussi un travail sur notre connaissance de ce pays, de son histoire et de son peuple mais aussi sur notre propre mémoire.
Que s'est-il passé dans cette région au début du vingtième siècle avant et après la création de la république Turque ? De quelle période, date la demande de reconnaissance d'un génocide arménien et qui en est à l'origine ? Pourquoi les Turcs sont-ils tellement sensibles sur cette question?
Lorsqu'en 1915 ces massacres ont été perpétués, la notion de génocide n'avait pas encore été mise à jour par le procès de Nuremberg. A la création de la république Turque par Mustafa Kemal, le fait que des généraux – membres du mouvement jeunes Turcs - responsables de ces massacres aient été jugés, condamnés ou assassinés, la nécessité des alliances aidant, ont certainement contribué, dans cette période révolutionnaire, à ce que le silence sur ces événements s'installe, puis s'impose. Au fil du temps le pouvoir a organisé l'oubli, réécrit l'histoire au gré des événements politiques. Pour les Turcs d'aujourd'hui la réalité d'un génocide est inconcevable, par ce que les événements eux-mêmes leurs sont inconnus, parce que leurs parents, leurs grands-parents ignorent cette période de leur histoire, dominée surtout par la victoire de la république laïque sur le pouvoir ottoman et l'occupation étrangère, république soudée autour du concept fondateur du kémalisme, "heureux celui qui peut se dire Turc". De plus lorsque l'on se souviendra que c'est sous la violence que cette revendication de génocide s'est affirmée, on comprendra mieux encore le rejet de cette demande par les Turcs.
La revendication de classification de génocide des massacres Arméniens par les Turcs ottomans est récente et remonte aux années soixante-dix avec la création de l'ASALA (Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie), dont les objectifs principaux sont de forcer par le terrorisme, le gouvernement Turc à reconnaître le terme de génocide et d'unifier les territoires peuplés d'Arméniens en Turquie, en Irak et en Union soviétique en une nation arménienne. Pour arriver à ses fins, l'ASALA, mouvement terroriste d'une extrême violence va cibler son action sur l'assassinat de diplomates Turcs, et sur l'organisation d'attentats qui feront en neuf ans 84 morts et des centaines de blessés dans plusieurs pays. En France en 1983, l'attentat d'Orly fera 8 morts. Le chef du commando condamné à la prison à vie sera libéré après 17 ans d'incarcération et expulsé vers l'Arménie. Peu de temps après, l'assemblée Nationale française reconnaitra le génocide arménien. Patrick Devedjian, qui fut aussi l'un des avocats de l'ASALA déclarait au moment des faits:
« Tout le monde considère les membres de l’ASALA comme des terroristes, moi je vois en eux des résistants ! […] Je ne considère pas que les Arméniens qui tuent des diplomates turcs soient des terroristes. Je les considère comme des activistes. […] À l’issue de notre combat, il sera possible de libérer les terres arméniennes en Turquie et de les réunifier, indépendamment de l’Union soviétique, avec l’actuelle Arménie. […] Dans l’histoire, les Turcs ont déjà perdu les trois quarts de leurs territoires. Ils accepteront par la force la naissance d’une nouvelle Arménie. »
Après de tels propos, émanant d'une personnalité politique de haut niveau, aujourd'hui "mentor-Turquie" du président Sarkozy, remettant en cause l'unité territoriale de la Turquie, et liés à la demande de reconnaissance de la notion de génocide par une organisation terroriste, peut-on vraiment s'étonner de la réaction Turque face aux lois françaises concernant le génocide arménien ?
Même si ces propos sont anciens, même si l'ASALA n'a plus mené d'actions terroristes ou d'assassinats depuis plus de dix ans, le traumatisme généré par cette période est encore là, stimulé par le manque d'informations cohérentes sur les drames de la première guerre mondiale. Déconcertés par ces débats menés à l'étranger sur leur histoire contemporaine, victimes à plusieurs reprises de régimes autoritaires imposés par l'armée et pendant lesquels la censure a laissé des traces, les Turcs ont besoin d'être écoutés.
En stigmatisant la Turquie, en votant des lois répressives, en punissant le peuple Turc, on marche à reculons !
La France, si prompte à intervenir militairement pour aider les peuples, à se porter au secours d'un pays lors d'un tremblement de terre devrait pouvoir considérer qu'il existe aussi des séismes psychologiques. Le pays des droits de l'homme se doit aussi d'intervenir pour aider à la réconciliation entre Turcs et Arméniens. Des avancées ont été faites par les deux pays ces dernières années, ne les brisons pas, retirons la hache de guerre des mains de Monsieur Sarkozy et de son mentor, et créons au plus vite des conditions de dialogue qui permettront aux Turcs de rester fiers de leur passé et à nos sénateurs de mieux maitriser leur vote lors du passage de la loi au sénat.
Jean Michel FOUCAULT
Vous souhaitez apporter votre soutien à la campagne de François Bayrou, rejoindre le Modem, intervenir sur le blog, proposer un article: Ecrivez nous sur l'email de campagne: pour.nous.2012.cest.bayrou@gmail.com
En 2007, Les Français de Chypre, de Grèce et de Turquie ont été plus de 25 % à apporter leurs suffrages à François Bayrou. Convaincus qu'il fallait en finir avec ce clivage droite / gauche contreproductif pour l'avenir de la France et de nos enfants, nombreux sont ceux qui ont rejoint le mouvement démocrate. L'élection de Nicolas Sarkozy, l'échec de son quinquennat, la déliquescence de l'opposition empêtrée dans ses dogmes, et la montée en puissance du front national ne peuvent que remettre au premier plan sa candidature pour 2012. Pour tous ceux qui l'ont suivi, il ne fait aucun doute, dans cette période de crise qu'il est l'homme de la situation. Son discours à la fois modéré et combatif, ses prises de position très à l'avant-garde du centre, de la droite et de la gauche, le placent au-dessus des partis.
Vous avez soutenu François Bayrou en 2007, n'attendez pas pour le soutenir de nouveau en 2012. Rejoignez le modem comme sympathisant ou nouveau membre, et contactez-nous pour nous apporter votre soutien et votre aide
Jean Michel Foucault responsable de la section MODEM de Chypre, Grèce & Turquie
Le temps passe vite et la clôture des inscriptions sur les listes électorales est pour le 31 décembre. Il reste donc peu de temps à ceux qui ne sont pas encore inscrits, pour le faire. Prenez contact avec l'ambassade et les consulats de France des pays où vous résidez afin de vous inscrire au plus vite, pour pouvoir voter aux prochaines présidentielles ainsi qu'aux légistalives. Comme vous le savez peut être, pour la première fois cette année, les Français de l'étranger éliront leurs propres députés
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