Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 19:37
Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 15:52

François Bayrou a déploré "l'obstination à inspiration électorale" de Nicolas Sarkozy sur la procédure de la loi punissant la contestation du génocide arménien, mardi 28 février.

 

"La relance de cette procédure par Nicolas Sarkozy traduit aujourd'hui une obstination dangereuse dont on comprend bien l'inspiration en période électorale mais qu'un chef d'Etat dans sa responsabilité ne devrait pas encourager", a déclaré peu de temps après que la loi a été censurée par le Conseil constitutionnel.

Pour le candidat à la présidence de la République, "le Conseil constitutionnel a, comme on pouvait s'y attendre, sagement censuré un texte controversé et dangereux": "le législateur ne peut pas soumettre à la loi pénale l'expression d'opinions qui font l'objet de débats à l'intérieur de pays étrangers", fait-il valoir.

"L'UMP et le PS, soutenus par Nicolas Sarkozy, ont refusé d'entendre les arguments qui avaient été avancés, notamment par Robert Badinder, et que j'avais moi-même soutenus à l'Assemblée nationale", a déploré François Bayrou qui avait soutenu la loi sur la reconnaissance du génocide arménen en 2001.

Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 12:09

Alexandre Joly, président de la section Modem du Japon réagit à la décision des sages

En retoquant mardi 28 février la loi Boyer, qui visait à sanctionner d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende toute personne niant ou minimisant le génocide des Arméniens, le Conseil Constitutionnel a infligé un camouflet aux sénateurs et députés UMP et PS qui l'ont votée. On ne sacrifie pas la liberté d'expression sur l'autel du communautarisme.

Ce projet de loi était soutenu par les deux candidats à l'élection présidentielle, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE. Implicitement la décision du Conseil Constitutionnel est donc un camouflet pour ces deux « prétendants » à la magistrature suprême, à qui il est rappelé les limites du pouvoir des élus. Et où commence l'abus....

Devant telle sanction, nous aurions pu attendre de leur part, en démocrates légalistes et responsables, non pas des excuses ou une quelconque repentance, mais la reconnaissance de la force de la loi et le bon fonctionnement de nos institutions.

Et bien non, les deux ont décidé de passer outre cette décision. Ils ont tout deux promis, qui l'un un nouveau texte avant les élections, qui l'autre après son élection. Jusqu'au boutisme surprenant quand on sait que l'article 62 de la Constitution de 1958 dit que toutes les décisions du Conseil « ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.»

François BAYROU a ainsi eu raison de dénoncer que "La relance de cette procédure par Nicolas Sarkozy traduit aujourd'hui une obstination dont on comprend bien l'inspiration en période électorale mais qu'un chef d'Etat dans sa responsabilité ne devrait pas encourager".

Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE se placeraient donc au-dessus de la Constitution ?

On peut se le demander quand, non content d'avoir été une première fois pris la main dans le sac à aller à l'encontre de la Constitution en soutenant une telle loi, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE récidivent en promettant de nouveaux textes afin de contourner une décision claire du Conseil Constitutionnel.

Telle attitude est inquiétante mais surtout elle pose la question de la légitimité de ces personnes à occuper le poste de Président de la République. En effet, s'ils ne sont pas au fait de la Constitution ou agissent délibérément à son encontre, tant dans la lettre que dans l'esprit, il ne peuvent satisfaire à la première mission du Président de la République telle que définie par son article 5 : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution ».

 

 

Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 00:42
1- Il faut un contrat de progrès entre l’école et la nation. Ce contrat doit garantir les moyens existants, et préciser les objectifs que la nation assigne à l’école. Le progrès que nous nous assignons, il doit être vérifiable. C’est pourquoi je fixe un objectif : que dans les cinq ans, l’école française entre dans les dix premiers du classement international pour la compréhension de l’écrit, le calcul, les connaissances scientifiques, et la lutte contre les disparités sociales.

2- Au lieu d’être dans la « réformite », il faut un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme. Pour vraiment changer les choses, il faut cesser d’aller en fausses « réformes » en fausses « réformes », qui ne changent rien sur le fond, mais déstabilisent perpétuellement l’éducation nationale et le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C’est de la fausse monnaie.

3- Refaire de l’école un lieu d’où la violence est exclue et où le respect est la règle.

4- Il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. Je ne suis pas pour qu’on remette en cause le décret des années 50 qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter si on le souhaite une présence plus longue dans l’établissement, par exemple en construisant des bureaux, mais les procès doivent cesser.

5- Les concours de recrutement nationaux sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré. Ils sont anonymes, ils sont justes, ils permettent de juger de la qualité d’une génération de candidats. Ils font partie de la fierté des corps d’enseignants en leur garantissant une légitimité.

6- La reconstruction d’une année de formation, en alternance avec l’exercice dans la classe, est impérative et étroitement liée au contrat de progrès de l’éducation nationale. Il s’agit du moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutants avec l’expérience de leurs collègues plus expérimentés et assurés. Il s’agit d’armer les jeunes enseignants et de leur faire gagner des années d’expérience.

7- La notation pédagogique des enseignants doit être assurée par des évaluateurs (corps d’inspection ou autres) expérimentés, de la même qualification au moins, de la même discipline et non par le chef d’établissement étranger à la discipline enseignée. Au demeurant, il n’y a rien à changer. Le chef d’établissement évalue déjà les capacités et les qualités des enseignants, individuellement, et son évaluation représente 40% de la note attribuée. J’ajoute que plus on trouvera d’éléments objectifs pour assurer l’évaluation, et plus j’approuverai.

8- Arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication de réunions, l’avalanche des livrets de compétences. À l’école, comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie, et ne sert à rien. Idem avec les circulaires de toute nature!

9- D’abord les bases et les bases d’abord ! Il n’est aucune chance de réussite pour un élève qui n’a pas la maîtrise des fondamentaux. Je proposerai que tant que cela est nécessaire 50 % du temps scolaire à l’école primaire soit consacré à la maîtrise de l’écrit, comme on dit actif et passif, et à la langue française, en sa beauté à découvrir, à ce qu’elle peut exprimer de nuances, de richesses, en son vocabulaire. C’est un bagage pour la vie.

10- Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, la plupart du temps, d’ordre pédagogique ou de l’ordre des « capacités » comme on dit. Les repérer tôt, par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre, soit au sein de l’école, soit plus souvent encore auprès des pédopsychiatres.

11- Le premier lieu de l’éducation, c’est la famille. Favoriser la mise en place « d’écoles de parents » associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leurs enfants.

12- La question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie, mais par l’évaluation des résultats. Ne croyez pas que comme tous les parents et tous les enseignants, je n’ai pas une opinion que je crois solide et nourrie par l’expérience. Par exemple, je pense que la question des méthodes de lecture devrait être tranchée depuis longtemps : en effet le clavier, avec lequel désormais toute personne vit, le clavier ce n’est pas global, c’est lettre par lettre. Et donc du son à la lettre, de la lettre à la syllabe, de la syllabe au mot, cela me paraît devoir être la démarche désormais indiscutable. C’est une opinion personnelle, je la trouve pertinente. Mais ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage. C’est à la classe, aux résultats effectifs, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raisons idéologiques.

13- Aucun élève ne doit entrer au collège sans qu’il soit garanti qu’il maîtrise la lecture et l’écriture. S’il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l’écrit. Le but n’est pas d’exclure, mais d’intégrer les élèves qui, autrement, seront perdus dans leur scolarité.

14- Pour prévenir ces échecs, il faut penser le nombre d’élèves par classe en fonction de la réalité de la classe. À classe difficile, petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.

15- Le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants. Mais ce bagage de connaissances et de méthode ne peut être apporté dans l’uniformité. Pour un certain nombre d’élèves, en situation de rejet de l’école, un « collège hors les murs », avec des pédagogies adaptées, doit permettre une reconstruction et le retour, s’ils le souhaitent, à la voie classique.

16- Dans chaque discipline, le « apprendre à apprendre » et le retour assidu aux bases doivent servir de socle. Les programmes doivent être écrits avec les enseignants en imposant la faisabilité sans précipitation, et la simplicité. Je propose qu’un débat parlementaire permette d’exposer à la nation le principe des programmes et leur lisibilité. 17- Informer les élèves sur ce qu’ils ne maîtrisent pas : les codes de comportement, d’habillement, de langage, les chemins de la confiance en soi.

18- Les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n’est pas normal que l’école française soit celle qui concentre le plus d’heures sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne doivent pas dépasser une charge horaire d’une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire un allègement des horaires pour un grand nombre d’élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, aux établissements pour des programmes au choix.

19- Les devoirs doivent être faits dans le cadre de l’établissement, sous la surveillance de tuteurs, les enseignants de l’établissement s’ils le souhaitent, des enseignants à la retraite, des étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l’enseignement et servir de « grands frères », de tuteurs et d’appui aux élèves plus jeunes. Ces bourses de tutorat doivent être offertes à coût réduit, aisément accessibles. Elles pourront être offertes, en complément de leur retraite, à des enseignants qui voudront encore servir. Elles accroîtront la présence des adultes dans les établissements.

20- Donner aux chefs d’établissement des possibilités nouvelles : recrutement direct des remplaçants, gestion d’un volume d’heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe.

21- L’enseignement professionnel doit reposer non pas sur l’élimination mais sur la vocation, par la découverte des métiers, par l’alternance ou l’apprentissage.

22- Information sur les métiers tout au long du collège, découverte des entreprises et des chantiers, pour que les élèves découvrent ce que sont ces activités qu’ils n’ont jamais rencontrées. C’était déjà l’idée du stage en 3e que nous avons créé en 1995.

23- Un plan de développement de l’apprentissage et de l’alternance. Question: qu'est-ce qui bloque? Pour les entreprises, du côté de l’éducation, destination de la taxe d’apprentissage.

24- Contre la double pénurie de scientifiques et de littéraires, réfléchir à l’organisation des baccalauréats, notamment la réflexion sur un baccalauréat d’excellence générale, à la fois littéraire et scientifique.

25- Refonder l’articulation entre enseignement secondaire et enseignement supérieur, c’est une clé pour lutter contre l’échec des premiers cycles à l’université. L’université, c’est la connaissance que l’on se construit autant qu’on la reçoit, c’est la recherche, dès les premières années, c’est un exercice d’autonomie. Il faut former à cette autonomie en terminale, refondée en une véritable « propédeutique ».

26- L’orientation, c’est une ardente obligation. On doit y préparer tout au long de l’enseignement secondaire et d’abord à l’entrée de l’université, par une information objective sur les sorties d’étude dans la formation considérée.

27- Assurer la scolarisation des enfants en situation de handicap. Des progrès ont été faits. Mais des obstacles demeurent. Beaucoup d’enseignants se sentent démunis. Cette question sera abordée dans le cadre d’une conférence nationale sur le handicap.

28- Plan santé, addictions, cannabis, alcool, mobilisation des étudiants en médecine dans tous les établissements scolaires de l’enseignement secondaire.

29- Réflexion générale sur l’éducation numérique. Très importante pour l’avenir. Il n’y a pas d’éducation entièrement dématérialisée, et déshumanisée, mais les ressources du e-learning sont pour l’avenir un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte.

30- Ouvrir les établissements en dehors des heures de cours à la demande d’éducation de la société. Une « école du soir », à la demande, avec une contribution modeste des apprenants, doit être ouverte dans tous les établissements du second degré. L’initiative viendra de la demande de ceux qui veulent apprendre.
Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 01:07
Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 17:24
Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 16:42
Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 23:24

La France vient de perdre son triple A. Nous y sommes. Et c'est en réalité une

double dégradation. C'est une dégradation de notre note souveraine qui va affecter

la réputation de notre pays, avec des conséquences lourdes. Les emprunts d'État

seront fatalement, à court ou moyen terme, consentis à des taux d'intérêt plus

pénalisants. Les établissements publics (la Cades, RFF, la SNCF) sont indexés sur

la note de l'État ; le Fond de Stabilité Financière lui-même risque d'en pâtir… Dans

l'économie réelle, de telles incertitudes vont affecter les investissements et le crédit

des entreprises.

Et c'est en même temps une dégradation par rapport à notre principal voisin,

l'Allemagne, avec qui jusqu'à maintenant nous mettions largement en scène notre

égalité de statut, et même par rapport aux Pays-Bas, par exemple… Donc notre

statut en Europe va souffrir symboliquement et donc politiquement.

Toutes les déclarations optimistes et péremptoires de ces derniers sont cruellement

démenties par les faits. En dépit des avertissements multiples, notamment sur les

déficits et la dette, ces dernières années, ils nous auront conduits à un

affaiblissement de notre pays, non pas un affaiblissement venu de l'extérieur, mais

un affaiblissement continu dû à la situation intérieure de la France.

La cause n'est évidemment pas seulement les cinq années Sarkozy. Le mal vient de

loin, l'infléchissement, en croissance comme en commerce extérieur, s'est fait sentir

dans les années 2000, et avait sans doute commencé plus tôt encore. C'est dire que

les gouvernements successifs de gauche et de droite portent leur part de

responsabilité.

Maintenant, il est au moins deux certitudes : il faut changer de pratique, remettre les

choses à l'endroit, en particulier remettre la production, le "produire en France" au

cœur de toute la volonté de notre pays. Il faut bannir les promesses absurdes,

insoutenables, qui prétendaient annoncer aux Français qu'il suffirait de changer les

gouvernants pour voir de nouveau la baguette magique des dépenses se remettre à

fonctionner à profusion.

Dans ces difficultés, les Français ont une chance, c'est d'être devant l'échéance qui

leur permettra d'exiger de leurs futurs dirigeants qu'ils suivent enfin le chemin du

redressement de notre pays.

 

 

  

Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 09:52

… A mon sens ce texte est déraisonnable et dangereux. Je suis de ceux qui ont voté en conscience la loi de 2001 je suis de ceux qui étais allé au mémorial de Erevan dans des circonstances mémorielles extrêmement importantes et lourdes, et cependant, je veux dire, et à Patrick Devedjian en particulier, que le texte que nous examinons la, ne répond pas aux arguments qu'il a donné à la tribune. Ce qu'il a dit et ce qu'un certain nombre d'autres ont défendu c'est que, oui un génocide avait bien existé dont les arméniens avaient été victimes en 1915, et qu'il n'était pas besoin de commission d'historiens pour le garantir.

Mais nous avons, nous, comme législateurs au nom de la république française reconnu que ce génocide existait: l'objet de ce texte est tout différent.
 
Il s'agit d'enrôler la justice pénale de notre pays pour que soit traduit devant elle des gens qui nieraient ou qui considéreraient - qui considéreraient - que la qualification de ce génocide est erronée. Or cette position là, nous savons bien qu'elle est défendue par un état, nous savons bien qu'elle est défendue par beaucoup de famille, à tort je le crois, à tort mais qui ont transmis à leurs enfants l'idée que ça n'était pas la même chose que d'autres génocides, que cet affrontement de communautés qui avait été vécu au sein de l'empire ottoman en 1915.
Je considère que c'est dangereux, je trouve que ce n'est pas raisonnable de notre part que de traduire devant la justice de notre pays, des jeunes d'origine turque qui se contenteraient de répéter ce qu'on leur a dit dans leur famille ou ce que l'état dont ils sont originaires dit, ça n'est pas à cela que la justice pénale doit servir…..
Il y a la quelque chose dont nous verrons des conséquences se déveopper loin au-delà de cette question et loin au dela des années que nous allons vivre….
 
 
Visionnez l'intervention complète de François Bayrou en cliquant sur le lien qui suit:
Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 01:06

Les Français de Turquie ont sans doute apprécié l'intervention réfléchie et responsable  de François Bayrou, et son opposition au projet de loi concernant la pénalisation de la négation du génocide arménien, Je suis, comme la plupart des Français de Turquie,  attristé par ce vote, marqué par l'incompréhension et le manque de discernement sur le sujet, que ce soit du côté Turc ou du côté Français.

 

 

Outre les dégâts collatéraux et colossaux, concernant les relations politiques, économiques, commerciales  et culturelles entre nos deux pays, cette loi de circonstance et improductive  porte d'abord préjudice aux Arméniens du monde entier pour qui la reconnaissance des massacres de 1915 à leur juste niveau par la Turquie est  repoussée à une date encore plus lointaine que ce que l'on pouvait espérer à la  lumière des avancées qui s'ouvraient ici, grâce au travail d' intellectuels, de progressistes, de démocrates Turcs qui avaient réussi à ouvrir ce débat dans la société et pour qui tous les efforts sont brutalement anéantis.

Cette loi porte également préjudice aux Turcs eux-mêmes en réactivant leurs velléités nationalistes et en les confortant dans leurs convictions que nous, français, considérons  comme négationnistes. Pour simplifier, on pourrait dire que les parlementaires Français ont voté cette loi sur la foi d'informations qu'ils considèrent comme justes, et que les Turcs la contestent sur la foi d'informations qu'ils considèrent comme erronées.

Pour ma part, en ce qui concerne la position des turcs, il me semble que, quoi qu'il  se soit passé en 1915, qu'il s'agisse de massacres inter ethniques, de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de génocide et quel que soit le nombre de morts dans les deux camps,  le vote des parlementaires français est aussi le résultat de leur, mutisme, de leur inaction, de leur manque d'explications depuis que cette question est à l'ordre du jour en France.

 

Mais ne perdons pas non plus de vue que  l'incompréhension par les Français du choc que ce vote pouvait, et a provoqué en Turquie exige aussi un travail sur notre connaissance de ce pays, de son histoire et de son peuple mais aussi sur notre propre  mémoire.

 

Que s'est-il passé dans cette région au début du vingtième siècle avant et après la création de la république Turque ?  De quelle période, date la demande de reconnaissance d'un génocide arménien et qui en est à l'origine ? Pourquoi les Turcs sont-ils tellement sensibles sur cette question?

Lorsqu'en 1915 ces massacres ont été perpétués, la notion de génocide n'avait pas encore été mise à jour par le procès de Nuremberg. A la création de la république Turque par Mustafa Kemal, le fait que des généraux – membres du mouvement jeunes Turcs -  responsables de ces massacres aient été jugés, condamnés ou assassinés, la nécessité des alliances aidant, ont certainement contribué, dans cette période révolutionnaire, à ce que le silence sur ces événements s'installe, puis s'impose. Au fil du temps le pouvoir a organisé l'oubli, réécrit l'histoire au gré des événements politiques. Pour les Turcs d'aujourd'hui la réalité d'un génocide est inconcevable, par ce que les événements eux-mêmes leurs sont inconnus, parce que leurs parents, leurs grands-parents ignorent cette période de leur histoire, dominée surtout par la victoire de la république laïque sur le pouvoir  ottoman et l'occupation étrangère, république soudée autour du concept fondateur du kémalisme, "heureux celui qui peut se dire Turc". De plus lorsque l'on se souviendra que c'est sous la violence que cette revendication de génocide s'est affirmée, on comprendra mieux encore le rejet de cette demande par les Turcs.

 

La revendication de classification de génocide des massacres Arméniens par les Turcs ottomans est récente et remonte aux années soixante-dix avec la création de l'ASALA  (Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie), dont les objectifs principaux sont de forcer par le terrorisme,  le gouvernement Turc à reconnaître le terme de  génocide  et d'unifier les territoires peuplés d'Arméniens en  Turquie, en Irak   et en Union soviétique en une nation arménienne. Pour arriver à ses fins,  l'ASALA, mouvement terroriste d'une extrême violence va cibler son action sur l'assassinat de diplomates Turcs, et sur l'organisation d'attentats qui feront en neuf ans 84 morts et des centaines de blessés dans plusieurs pays. En France en 1983,  l'attentat d'Orly fera 8 morts. Le chef du commando condamné à la prison à vie sera libéré après 17 ans d'incarcération et expulsé vers l'Arménie. Peu de temps après, l'assemblée Nationale française reconnaitra le génocide arménien. Patrick Devedjian, qui  fut aussi l'un des avocats de l'ASALA déclarait au moment des faits:

 

« Tout le monde considère les membres de l’ASALA comme des terroristes, moi je vois en eux des résistants ! […] Je ne considère pas que les Arméniens qui tuent des diplomates turcs soient des terroristes. Je les considère comme des activistes. […] À l’issue de notre combat, il sera possible de libérer les terres arméniennes en Turquie et de les réunifier, indépendamment de l’Union soviétique, avec l’actuelle Arménie. […] Dans l’histoire, les Turcs ont déjà perdu les trois quarts de leurs territoires. Ils accepteront par la force la naissance d’une nouvelle Arménie. »

Après de tels propos, émanant d'une personnalité politique de haut niveau, aujourd'hui "mentor-Turquie" du président Sarkozy, remettant en cause l'unité territoriale de la Turquie, et liés à la demande de reconnaissance de la notion de génocide par une organisation terroriste, peut-on vraiment s'étonner de la réaction Turque face aux lois françaises concernant le génocide arménien ?

 

Même si ces propos sont anciens, même si l'ASALA n'a plus mené d'actions terroristes ou d'assassinats depuis plus de dix ans, le traumatisme généré par cette période  est encore là, stimulé par le manque d'informations cohérentes sur les drames de la première guerre mondiale. Déconcertés  par ces débats menés à l'étranger sur leur histoire contemporaine, victimes à plusieurs reprises de régimes autoritaires imposés par l'armée et pendant lesquels la censure a laissé des traces, les Turcs ont besoin d'être écoutés.

En stigmatisant la Turquie, en votant des lois répressives, en punissant le peuple Turc, on marche à reculons !

 

 

La France, si prompte à intervenir militairement pour aider les peuples, à se porter au secours d'un pays lors d'un tremblement de terre devrait pouvoir considérer qu'il existe aussi des séismes psychologiques. Le pays des droits de l'homme se doit aussi d'intervenir pour aider à la réconciliation entre Turcs et Arméniens. Des avancées ont été faites par les deux pays ces dernières années, ne les brisons pas, retirons la hache de guerre des mains de Monsieur Sarkozy et de son mentor, et créons au plus vite des conditions de dialogue qui permettront aux Turcs de rester fiers de leur passé et à nos sénateurs de mieux maitriser leur vote lors du passage de la loi au sénat.

 

Jean Michel FOUCAULT

Par le modem-turquie-chypre-grece
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

EMAIL DE CAMPAGNE

Vous souhaitez apporter votre soutien à la campagne de François Bayrou, rejoindre le Modem, intervenir sur le blog, proposer un article: Ecrivez nous sur l'email de campagne: pour.nous.2012.cest.bayrou@gmail.com

Présentation

REJOIGNEZ NOUS

En 2007, Les Français de Chypre, de Grèce et de Turquie ont été plus de 25 % à apporter leurs suffrages à François Bayrou. Convaincus qu'il fallait en finir avec ce clivage droite / gauche contreproductif pour l'avenir de la France et de nos enfants, nombreux sont ceux qui ont rejoint le mouvement démocrate. L'élection de Nicolas Sarkozy, l'échec de son quinquennat, la déliquescence de l'opposition empêtrée dans ses dogmes, et la montée en puissance du front national  ne peuvent que remettre au premier plan sa candidature pour 2012. Pour tous ceux qui l'ont suivi, il ne fait aucun doute, dans cette période de crise qu'il est l'homme de la situation. Son discours à la fois modéré et  combatif, ses prises de position très à l'avant-garde du centre, de la droite et de la gauche, le placent au-dessus des partis.

Vous avez soutenu François Bayrou en 2007, n'attendez pas pour le soutenir de nouveau en 2012. Rejoignez le modem comme sympathisant ou nouveau membre, et contactez-nous pour nous apporter votre soutien et votre aide

 

Jean Michel Foucault  responsable de la section MODEM de Chypre, Grèce & Turquie

 

 

URGENT: S'inscrire sur les listes électorales

Le temps passe vite et la clôture des inscriptions sur les listes électorales est pour le 31 décembre. Il reste donc peu de temps à ceux qui ne sont pas encore inscrits, pour le faire. Prenez contact avec l'ambassade et  les consulats de France des pays où vous résidez afin de vous inscrire au plus vite, pour pouvoir voter aux prochaines présidentielles ainsi qu'aux légistalives. Comme vous le savez peut être, pour la première fois cette année, les Français de l'étranger éliront leurs propres députés

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus